Le sanshin des profs

Le sanshin des profs

Texte de Stéphane Ladegaillerie

Première catégorie d’enseignants: ceux qui ne doutent pas d’eux. Ce ne sont pas les plus nombreux, mais il y en a. Des enseignants qui refusent de discuter avec qui que ce soit, (sauf avec la hiérarchie). Des enseignants qui ne comprennent pas l’intérêt de se former puisqu’ils savent tout.

Deuxième catégorie d’enseignants: ceux qui doutent d’eux… et ont peur! Je crois que la majorité des enseignants ne sont pas certains de leurs pratiques, doutent de leur pédagogie, se rendent compte des limites de la situation actuelles, voient les élèves s’ennuyer ou ne pas venir au cours . Mais cette première catégorie a besoin de se protéger
Ils se protègent ainsi! Ils ne participent pas aux rencontres organisées ici ou là avec d’autre professeurs juste a celles qu’ils organisent avec leurs amis pour ne pas être mis a défaut ou pour tirer le plus possible un profit monétaire ou politique . Ils se justifient en (se) disant qu’ils donnent déjà beaucoup a leurs élèves… et c’est vrai. Ils s’excusent presque, parfois de façon presque arrogante, de ne participer à rien
Mais il y a pourtant chez ces enseignants-ci une belle promesse qui ne demande qu’à prendre un peu d’envergure: ils savent qu’ils ne savent pas.

Enfin, les enseignants qui doutent… et cherchent… Il existe une fraction non négligeable d’enseignants qui doutent tout autant de leurs pratiques, de leur quotidien, mais qui ont envie d’explorer, de chercher, de partager… Ces enseignants s’inscrivent dans la droite ligne des mouvements pédagogiques. Ils sont souvent sur le Net. Ce sont eux qui peuplent ces rencontres dont je parlais juste auparavant.
Ils ne sont pas plus sûrs d’eux que les autres, mais ils acceptent d’envisager d’autres pratiques. Lorsqu’ils ferment la porte de leur dojo et quittent leurs confort .ils sont prêts pour d’autres aventures autour de l’éducation. Alors attention: ces enseignants-là, il leur arrive d’être un peu découragés parfois… Par l’air du temps. Par leurs collègues. Mais ce sont en premier lieu ces enseignants qui permettent aux dojo de bouger ,voir évoluer.

Une fois au japon Sensei Hatsumi a dit : il est important de bien choisir son professeur.
Mais pour un élève il est difficile de savoir comment reconnaître
Un bon professeur d’un mauvais , puisque les mauvais, il faut bien le reconnaître c’est les autres , jamais nous .
Donc pour leurs donner un indice, il existe un sanshin du professeur que je tiens d’un ami et qui ma beaucoup aider .

Il y a trois sortes de professeurs

Le mauvais
Le bon
Et l’excellent
Le mauvais : explique
Le bon : montre
Et l’excellent : inspire

 

Publication sur le site avec l’aimable autorisation de l’auteur.

La vérité et le mensonge – Le kyôjutsu du uke et du tori

La vérité et le mensonge, nous avons le choix, alors pourquoi devons-nous choisir le mensonge ?

Texte de Stéphane Ladegaillerie

Le kyojutsu du uke et du tori
Dans le koto ryû, il existe un principe appelé le kyôjutsu qui veut dire vérité mensonge.
Ce principe nous explique la balance entre la vérité et le mensonge, voir bien plus.
Ce principe peut nous aider à prendre conscience de l’importance du rôle du uke dans les arts martiaux, qui sont souvent mal compris.
Pour faire simple, tori est celui qui fait la technique et uke celui qui la subit.
Donc, dès le départ, les rôles sont bien définis.
Uke attaque et laisse tori faire sa technique, pour qu’il puisse la travailler.
Mais bien souvent une question revient : comment fait-on pour être un bon uke ?
La vérité, c’est qu’il n’y a pas de mauvais uke, il y a juste un tori qui a du mal à faire sa technique.
Il faut bien comprendre la différence entre l’entrainement et le combat.
Dans le combat, il n’y a pas de uke, il y a juste deux tori.
A l’entrainement, le rôle de uke est donc d’une grande importance, c’est grâce au fait que l’on a un uke que l’on peut travailler la technique et s’apercevoir de ce qui marche ou de ce qui ne marche pas .
Ce n’est pas le rôle d’uke de faire de belles roulades pour valoriser tori.
Cela aussi est souvent mal compris, alors on peut aussi entendre certain tori dire quand ils n’arrivent pas à faire leurs techniques : « oui, mais c’est un mauvais uke, il contre.
Soyons sérieux, pourquoi ne simplement pas accepter que notre technique n’est pas encore au point, ou que l’on n’a pas encore compris certains principes.
Il est vrai que le rôle de uke n’est pas de contrer, mais il n’est pas là non plus pour décorer, à part peut être en démonstration.
Son rôle est bien de mettre en évidence ce qui est bon ou ce qui n’est pas bon dans notre taijutsu, tout seul il serait moins évident d’en prendre conscience.
Mais bien plus encore, il met en évidence le besoin de mettre de la force ou de la vitesse pour combler son manque technique.
Exemple :
Lorsque uke saisi le gi est que l’on n’arrive pas à détacher sa mains de notre veste, on lui donne un gros shuto du style henka parce que on veut absolument réussir.
Là encore soyons sérieux, donner un gros shuto à uke lorsque l’on n’arrive pas à faire la technique et bien la preuve que l’on n’a pas encore bien compris son rôle.
Et que plutôt que de se remettre en question, on lui colle un bon shuto plein de colère où l’on met toute notre force pour réussir la technique.
Pauvre uke, il était juste là pour nous servir à faire notre technique et apprendre quelques trucs, mais comme ça ne marche pas on le prend pour un bon vieux sac de frappe.
Ce n’est pas grave à l’entrainement de ne pas y arriver, on est à l’entrainement pour s’entrainer, pas pour gagner ni pour perdre.
Ce n’est pas possible a l’entrainement de gagner ou de perdre.
Cela est possible en compétition, mais on ne fait pas de compétition.
Il est vrai que cela ne fait pas du bien de ne pas arriver à faire les choses, mais c’est ça l’entrainement.
Souvent aussi on préfère choisir quelqu’un dont on sait être un bon uke parce qu’il va nous laisser faire, ou bien nous mettre en valeur.
Là encore il y a méprise, c’est uke qui est bon et qui travaille pas tori.
C’est lui qui subit les frappes sans rien dire, c’est lui qui est projeté sans retenu, c’est lui qui met sa vie en danger sur un étranglement, c’est lui qui se met en danger et qui fait confiance à votre façon de réagir quand la technique ne passe pas.
On voit aussi dans la démonstration, certain tori choisir un uke gradé et le frapper très fort, pour faire croire a l’assemblée de néophyte qu’on est meilleur que uke.
Mais eux, vous ne les verrez jamais uke à part avec les haut gradés.
Là aussi soyons sérieux, on n’est pas aveugle, cela prouve seulement que l’on n’a pas grand choses à apprendre ou à donner, alors pour compenser on prend des chemins détournés.


Mais pour en revenir au kyojutsu.
Notre entrainement ne serait – il pas plus vrai si par exemple on demande a uke de vraiment faire les choses, pour voir si en situation réelle notre technique marche.
Un exemple :
Sur une saisie du kimono demander à uke de saisir réellement le gi et de ne pas le lâcher, et faire notre torsion sur ce style de saisie sans faire de henka, cela semble être une situation réelle non ?
Bien que ce style de travail ne soit pas à faire tout le temps, mais de temps en temps, il est bon parce que c’est grâce à ce travaille réel que l’on peut s’apercevoir des points techniques à travailler, il est vrai que travailler de cette manière est plus difficile, cela met en évidence beaucoup plus de choses.


Voila pour en revenir encore au kyojutsu.
Les techniques et les principes qui les accompagnent sont réellement très efficace, voir même trop pour que l’on y mette de la force de la vitesse ou de la colère, mais pour cela il faut réellement travailler de la bonne façon avec uke, et si cela ne marche pas, plutôt que de se mentir, comprendre ce qui nous manque dans la technique, quel point de détails nous a échappé ou quelle principe je n’ai pas approfondi.
Les techniques de ninjutsu sont réellement très efficace n’en doutez pas, doutez plutôt de votre savoir faire


La vérité et le mensonge on a le choix alors pourquoi devons-nous choisir le mensonge ?

 

Publication sur le site avec l’aimable autorisation de l’auteur.