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Sensei a-t’il donné le thème pour 2018 ?




Source : https://kumablog.org/2017/07/25/did-sensei-gave-the-theme-for-2018/

Traduit de l’anglais par Bujinkan Dôjô Montpellier

Est-ce que les Mutō Dori sont les premières étapes de la chevalerie ?

Est-il possible de devenir un chevalier dans notre temps moderne, ou était seulement possible dans le passé (Jidai) ? (1)

Voici un serment de chevalier occidental qui m’a rappelé le thème des Mutō Dori:

Sois sans peur face à tes ennemis.

Sois courageux et droit.

Dis toujours la vérité, même si cela mène à ta mort.

Protège ceux qui sont sans défense et ne fait pas de tort.

Quand vous lisez ce serment du passé, vous voyez des similitudes avec ce qu’enseigne Hatsumi sensei au Honbu dōjō. Le Mutō Dori de 2017 est de se déplacer vers l’adversaire sans peur même si vous deviez même mourir. Et ceci, que vous ayez ou non une arme. L’éthique et les valeurs nous garderont courageux et droits. Mais cela nécessite du courage physique et des valeurs élevées.

Combien de Shihan et de pratiquant du Bujinkan le comprennent aujourd’hui ?

Dimanche après la session de calligraphie, Sensei nous a parlé, en disant que le thème de l’année prochaine serait « Ninkyō ». « Il y a beaucoup de significations sur ce sujet », a-t’il ajouté. Dans ce post, j’aimerais partager avec vous certains d’entre elles.

Ninkyō 任侠 signifie chevalerie. D’où mon interrogation sur la chevalerie.

Il porte également les idées de générosité; héroïsme; esprit chevaleresque; et aider les faibles et combattre les forts. Ces valeurs ne sont-elles pas ce que Sensei a essayé de transmettre en développant le Bujinkan durant ces quarante dernières années?

 

Nous savons tous que le Bujinkan s’est développé sans aucune « ligne directrice », car Sensei ne fait que suivre le chemin de la nature et adapte en permanence sa vision à la situation. En effet, Sensei, comme l’Ishitobashi de 2015 (2), rebondit sur la surface de la vie comme une pierre ricochant sur de la surface de l’eau. Après la catastrophe de Fukushima, j’ai téléphoné à Sensei, et quand j’ai demandé comment il se sentait, il a répondu: « Banpen Fugyō », « 10000 changements, pas de surprise ». Le changement est permanent, et en tant que membre du Bujinkan et élève de Sōke, nous devons suivre le cours des choses. Le Bujinkan n’est pas une organisation; c’est un rassemblement de personnes suivant sa compréhension de la vie.

Ou c’était censé être comme cela. Parce que ces jours-ci, les choses changent (se décomposent ?) rapidement, et je suis témoin depuis l’étranger, et aussi depuis le Japon, d’ une évolution négative des comportements et des valeurs des Shihan. Le respect et l’obéissance sont en train de disparaître, et je crains que des temps turbulents ne viennent. J’espère que le rêve de Sōke l’emportera, et c’est pour cela le prochain thème pourrait être Ninkyō, la chevalerie.

 

La chevalerie regroupe les valeurs que notre société a abandonnées pour une vie plus orientée vers le profit. Si l’argent et le pouvoir sont les seules valeurs que la majorité recherche, alors pas étonnant que notre Budō ne se développe pas dans la bonne direction. Mais ne blâmez pas Sensei pour cela, blâmez-vous! Nous sommes le Bujinkan, et maintenant il est temps de se lever et de se battre pour rétablir nos valeurs.

L’éthique et la moralité peuvent être dépassées, mais elles sont les véritables fondements du Bujinkan Budō. Je ne parle pas ici de la vision moderne de Budō exposée dans le Hagakure ou le Bushidō, même si certains aspects de ces livres peuvent encore avoir de la valeur aujourd’hui pour le pratiquant sérieux. (3) (4)

Avec Ninkyō, le Budō de Hatsumi-sensei nous transforme en nouveaux chevaliers, et c’est notre devoir de faire nôtres, les valeurs du Jidai (時代) du passé pour les amener dans le Jidai (次 代) du futur parce que le futur, c’est maintenant. Si nous n’agissons pas rapidement, tout ce que Toda Sensei, Takamatsu Sensei et Hatsumi Sensei ont créé, pourrait disparaître comme une «bouffée de fumée».

Toda Sensei nous a montré la bonne voie :

Savoir que la patience vient en premier. Sache que l’endurance est simplement une bouffée de fumée.

Savoir que le chemin de l’homme vient de la justice. Sache que la voie des hommes est la justice.

Renoncer à l’avarice, à l’indolence et à l’obstination. Écarte-toi du cœur de la cupidité, de la facilité et de la dépendance des autres.

Reconnaître que la tristesse et l’inquiétude sont naturelles, et rechercher le cœur immobile. On devrait considérer la tristesse et la méchanceté comme des lois naturelles, et simplement acquérir l’illumination d’un cœur inébranlable.

Ne pas s’éloigner du chemin de la loyauté et de l’amour fraternel, et plonger toujours plus profondément dans le cœur de Budō.

Dans ton cœur, ne quitte jamais les voies de la loyauté et de la piété filiale, et aspire beaucoup aux voies de la plume et de l’épée.

 

Écrit au nouvel an 1891 par Toda Shinryuken Masamitsu

Si nous ne prenons pas rapidement des mesures pour corriger nos attitudes, suivons les directives établies par Toda Sensei et l’éthique et les valeurs de la chevalerie, le Bujinkan se transformera alors en anarchie et en tyrannie, et prouvera que Platon avait raison. (5)

Ninkyō (任侠), « chevalerie » est aussi notre Ninkyō (任 今日), notre « devoir pour l’instant » (6); si nous ne voulons pas devenir Ninkyō (仁 虚), « les humains pervers! » (7)

___________________________

1. 時代 vs 次 代, Jidai vs Jidai: Si le premier Jidai, 時代 signifie: 1. période; époque; ère; âge 2. les temps; ces jours-ci ; 3. ancienneté; antiquité; il est intéressant de savoir que Jidai, </s> 代, signifie « l’ère suivante »

2. Ishitobashi: 石 飛 ば し, sauter des pierres (sur un plan d’eau)

3. Hagakure et Bushidō: Le Hagakure de Yamamoto Tsunetomo a été écrit par un employé (?) Pendant le temps de paix au 18ème siècle, cinquante ans avant Meiji. L’auteur n’avait aucune idée de la période Sengoku Jidai. https://en.wikipedia.org/wiki/Hagakurehttps://en.wikipedia.org/wiki/Hagakure

4. Le Bushidō de Nitobe Inazō fut écrit plus tard en 1899 et publié au XXe siècle ! https://en.wikipedia.org/wiki/Bushidohttps://en.wikipedia.org/wiki/Bushido

5. La république de Platon VIII: http://www.mc.maricopa.edu/~davpy35701/text/plato-democ2.pdf

6. Ninkyō (任 今日), obligation; devoir; charge; responsabilité + aujourd’hui

7. Ninkyō (仁虚), humain + mensonge

Arnaud Cousergues

Lire entre les lignes

 Texte d’Arnaud Cousergues
 La traduction est en cours

Read Between the Lines

強弱柔剛あるベからず
“Kyojaku Jūgo Arubekarazu”
One must not depend on strength or weakness, or softness or hardness.

It is a sentence from Toda Shinryūken Masamitsu, Takamatsu sensei’s uncle. (1)

And Hatsumi Sensei repeated it once again in his last class when he was explaining the importance of moving slowly without stopping. Some Bujinkan members misunderstand the “moving slowly” for softness. That is not the case. By moving slowly, you control the movements of the attacker.
When you fight, you are one, the Ten, the Chi, and the Jin are united. Your actions become holistic in the sense that you now move as a whole. (2)
You can achieve this unity when your expression of the Tenchijin is not “3” anymore, but “1”. Once you are “1”, you can achieve “0.”
This is how I understand the “Kyojaku Jūgo Arubekarazu.” At this level of no-waza, there is nothing; you emit nothing, you have no plan, you are surfing the waves of Uke’s intentions without thinking. If you depend on those dualistic concepts of strong/weak; soft/hard; fast/slow, you cannot be zero. The control of the space is not even conscious; it is there because you manifest it by nor trying to do anything. Later during the same class, Sensei referred to Fudōshin: the state of nothingness is part of the control you impose to Uke. (3)
The zero state of Fudōshin is only possible when you disappear to yourself. Having no intention yourself, Uke is alone, fighting his self.
He is the question and the answer. The more he tries, the more chances you have to control his movements and his brain and to defeat him. You are in control, only mirroring and completing his actions.
Henka means “change”, but as Sensei explained, the word “Henka” is, in fact, two Kanji put together: “Hen” and “Ka”. (4)
They both translate as “change,” but Hen means the beginning of change, and Ka, the end of change. They complete themselves, like in-yō. There is no duality, only completion.
In other words, when you apply “Kyojaku Jūgo Arubekarazu”, you understand that Uke’s change (Hen) calls for your change (Ka). Uke begins, you finish. That is the nature of the control of space that we learn with Hatsumi Sensei these days in class. Here at the Honbu, there is a lot to learn, if you listen carefully and research the hidden meanings of the words and expressions used by Sōke.
As Sensei says: “Ninjutsu teaches you how to read between the lines”. Maybe it is time for you to begin to read the invisible.
______________________
1- Reminder for the newcomers on this blog. No, Toda wasn’t Takamatsu sensei’s grandfather but his uncle. The misunderstanding goes back to the beginning of the Bujinkan when a translator mistranslated Oji (uncle, 伯父) for Ōji (Grandfather祖父). Once again it shows the importance of the correct pronunciation.
4- Henka: 変化, change; variation; alteration; mutation; transition; transformation; transfiguration; metamorphosis​. 変 = beginning of change; 化, action of making something, end of change
Source : https://kumafr.wordpress.com/2017/05/04/read-between-the-lines/

Sasae Nakusu: Get Rid Of The Support

Texte d’Arnaud Cousergue

Source : https://kumafr.wordpress.com/2016/07/26/sasai-nakusu-get-rid-of-the-support/

Une traduction viendra prochainement…

Hatsumi sensei said that we have to 支え亡くす, Sasae nakusu, to “get rid of support”, and that reminded me of what the Buddha said. (1)

Sakyamuni Buddha said that religion is like a wall. We need it to support our growth, but when we know how to walk, we can leave the wall and walk in our own. The same process happens in Budō.

As a beginner we need a wall, this is the fundamental techniques found in the Tenchijin.

As we grow as a Shidōshi, we need a new wall, this is found in the Ryûha.

When we know how to do the waza, we need to free ourselves from them. This is what Sensei meant with Sasae nakusu.

Because we built our taijutsu on these walls, we need to leave them behind and walk alone.

Waza are supporting our understanding, but it is only intellectual. It is Omote.

We have to interiorize the student Kaname, this is the Ura level. There is no thinking anymore, no preconception.

 

A real fight is not about doing one waza or another, a real right adapts seamlessly to what the attacker is doing. This adaptive process is not included in the waza, it is the consequence of it. And it has to be trained.

Because everything have been integrated in the Sainō Konki, we are able to mix all our knowledge into one body flow. Sensei repeated  many times that waza cannot be used in a real fight. That if you do use waza, you get killed.

This year, we are entering a new cycle of learning that is beyond the form. The “Zero state” can be achieved only if we learned the waza, and got rid of them. At this level, we do not need the support anymore.

This is the metaphore of the soup.

 

Steps to make a good Budō soup

1. You need to get all the ingredients (these are your basics)

2. You need to get a recipe (this is the Ryûha)

3. Once cooked, you use the blender, mix everything together and serve it.

The soup has the flavour of the many ingredients you put in it. You recognise the tastes, but you cannot see them.

You have to do the same with your training.

If you don’t do that, your fighting skills are very limited. Natural movement is directly linked to the Sakki. Once you get rid of the waza support, you can develop your intuition, your awareness, and your spirit. Jûgodan should train this to continue their Budō progression. Sasae Nakusu is only that, and this is a lot.

Receiving the Jûgodan is not the end, this is just the beginning.

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1.q 支え/sasae/support; stay; prop

亡くす/nakusu/to lose something|to get rid of|to lose someone (wife, child, etc.)

Stage Arnaud Cousergues et Sveneric Bogsäter

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Stage de ninjutsu organisé par le Bujinkan Kanji Annecy – Aix-Les-Bains.

Sous la direction de :
– Bujinkan Dai Shihan Arnaud Cousergue (France)
– Bujinkan Dai Shihan Sveneric Bogsäter (Suède)

Thème du stage : Thème de l’année 2016

Dates : 16 et 17 janvier 2016

Lieu : Gymnase des Teppes – 8 rue des Edelweiss – Annecy (France – 74)

Tarif : 80€ (repas non compris )

Inscriptions : laid@bujinkan-kanji.com ou remi.bourgine@orange.fr
Préinscription par voie postale avec fiche d’inscription et chèque.
Fiche d’inscription téléchargeable avec ce lien :
http://www.bujinkan-kanji.com/images/agrementation/Flyer_Stage_Arnaud_Sven_1.pdf

En savoir plus
– Renseignements : 06 18 04 54 86 (Shihan Laïd Bouadjadja) ou 06 14 66 27 23 (Rémi Bourgine)
– Site internet du Dôjô Bujinkan Annecy – Aix-Les-Bains : http://www.bujinkan-kanji.com/

Le sanshin des profs

Le sanshin des profs

Texte de Stéphane Ladegaillerie

Première catégorie d’enseignants: ceux qui ne doutent pas d’eux. Ce ne sont pas les plus nombreux, mais il y en a. Des enseignants qui refusent de discuter avec qui que ce soit, (sauf avec la hiérarchie). Des enseignants qui ne comprennent pas l’intérêt de se former puisqu’ils savent tout.

Deuxième catégorie d’enseignants: ceux qui doutent d’eux… et ont peur! Je crois que la majorité des enseignants ne sont pas certains de leurs pratiques, doutent de leur pédagogie, se rendent compte des limites de la situation actuelles, voient les élèves s’ennuyer ou ne pas venir au cours . Mais cette première catégorie a besoin de se protéger
Ils se protègent ainsi! Ils ne participent pas aux rencontres organisées ici ou là avec d’autre professeurs juste a celles qu’ils organisent avec leurs amis pour ne pas être mis a défaut ou pour tirer le plus possible un profit monétaire ou politique . Ils se justifient en (se) disant qu’ils donnent déjà beaucoup a leurs élèves… et c’est vrai. Ils s’excusent presque, parfois de façon presque arrogante, de ne participer à rien
Mais il y a pourtant chez ces enseignants-ci une belle promesse qui ne demande qu’à prendre un peu d’envergure: ils savent qu’ils ne savent pas.

Enfin, les enseignants qui doutent… et cherchent… Il existe une fraction non négligeable d’enseignants qui doutent tout autant de leurs pratiques, de leur quotidien, mais qui ont envie d’explorer, de chercher, de partager… Ces enseignants s’inscrivent dans la droite ligne des mouvements pédagogiques. Ils sont souvent sur le Net. Ce sont eux qui peuplent ces rencontres dont je parlais juste auparavant.
Ils ne sont pas plus sûrs d’eux que les autres, mais ils acceptent d’envisager d’autres pratiques. Lorsqu’ils ferment la porte de leur dojo et quittent leurs confort .ils sont prêts pour d’autres aventures autour de l’éducation. Alors attention: ces enseignants-là, il leur arrive d’être un peu découragés parfois… Par l’air du temps. Par leurs collègues. Mais ce sont en premier lieu ces enseignants qui permettent aux dojo de bouger ,voir évoluer.

Une fois au japon Sensei Hatsumi a dit : il est important de bien choisir son professeur.
Mais pour un élève il est difficile de savoir comment reconnaître
Un bon professeur d’un mauvais , puisque les mauvais, il faut bien le reconnaître c’est les autres , jamais nous .
Donc pour leurs donner un indice, il existe un sanshin du professeur que je tiens d’un ami et qui ma beaucoup aider .

Il y a trois sortes de professeurs

Le mauvais
Le bon
Et l’excellent
Le mauvais : explique
Le bon : montre
Et l’excellent : inspire

 

Publication sur le site avec l’aimable autorisation de l’auteur.

La vérité et le mensonge – Le kyôjutsu du uke et du tori

La vérité et le mensonge, nous avons le choix, alors pourquoi devons-nous choisir le mensonge ?

Texte de Stéphane Ladegaillerie

Le kyojutsu du uke et du tori
Dans le koto ryû, il existe un principe appelé le kyôjutsu qui veut dire vérité mensonge.
Ce principe nous explique la balance entre la vérité et le mensonge, voir bien plus.
Ce principe peut nous aider à prendre conscience de l’importance du rôle du uke dans les arts martiaux, qui sont souvent mal compris.
Pour faire simple, tori est celui qui fait la technique et uke celui qui la subit.
Donc, dès le départ, les rôles sont bien définis.
Uke attaque et laisse tori faire sa technique, pour qu’il puisse la travailler.
Mais bien souvent une question revient : comment fait-on pour être un bon uke ?
La vérité, c’est qu’il n’y a pas de mauvais uke, il y a juste un tori qui a du mal à faire sa technique.
Il faut bien comprendre la différence entre l’entrainement et le combat.
Dans le combat, il n’y a pas de uke, il y a juste deux tori.
A l’entrainement, le rôle de uke est donc d’une grande importance, c’est grâce au fait que l’on a un uke que l’on peut travailler la technique et s’apercevoir de ce qui marche ou de ce qui ne marche pas .
Ce n’est pas le rôle d’uke de faire de belles roulades pour valoriser tori.
Cela aussi est souvent mal compris, alors on peut aussi entendre certain tori dire quand ils n’arrivent pas à faire leurs techniques : « oui, mais c’est un mauvais uke, il contre.
Soyons sérieux, pourquoi ne simplement pas accepter que notre technique n’est pas encore au point, ou que l’on n’a pas encore compris certains principes.
Il est vrai que le rôle de uke n’est pas de contrer, mais il n’est pas là non plus pour décorer, à part peut être en démonstration.
Son rôle est bien de mettre en évidence ce qui est bon ou ce qui n’est pas bon dans notre taijutsu, tout seul il serait moins évident d’en prendre conscience.
Mais bien plus encore, il met en évidence le besoin de mettre de la force ou de la vitesse pour combler son manque technique.
Exemple :
Lorsque uke saisi le gi est que l’on n’arrive pas à détacher sa mains de notre veste, on lui donne un gros shuto du style henka parce que on veut absolument réussir.
Là encore soyons sérieux, donner un gros shuto à uke lorsque l’on n’arrive pas à faire la technique et bien la preuve que l’on n’a pas encore bien compris son rôle.
Et que plutôt que de se remettre en question, on lui colle un bon shuto plein de colère où l’on met toute notre force pour réussir la technique.
Pauvre uke, il était juste là pour nous servir à faire notre technique et apprendre quelques trucs, mais comme ça ne marche pas on le prend pour un bon vieux sac de frappe.
Ce n’est pas grave à l’entrainement de ne pas y arriver, on est à l’entrainement pour s’entrainer, pas pour gagner ni pour perdre.
Ce n’est pas possible a l’entrainement de gagner ou de perdre.
Cela est possible en compétition, mais on ne fait pas de compétition.
Il est vrai que cela ne fait pas du bien de ne pas arriver à faire les choses, mais c’est ça l’entrainement.
Souvent aussi on préfère choisir quelqu’un dont on sait être un bon uke parce qu’il va nous laisser faire, ou bien nous mettre en valeur.
Là encore il y a méprise, c’est uke qui est bon et qui travaille pas tori.
C’est lui qui subit les frappes sans rien dire, c’est lui qui est projeté sans retenu, c’est lui qui met sa vie en danger sur un étranglement, c’est lui qui se met en danger et qui fait confiance à votre façon de réagir quand la technique ne passe pas.
On voit aussi dans la démonstration, certain tori choisir un uke gradé et le frapper très fort, pour faire croire a l’assemblée de néophyte qu’on est meilleur que uke.
Mais eux, vous ne les verrez jamais uke à part avec les haut gradés.
Là aussi soyons sérieux, on n’est pas aveugle, cela prouve seulement que l’on n’a pas grand choses à apprendre ou à donner, alors pour compenser on prend des chemins détournés.


Mais pour en revenir au kyojutsu.
Notre entrainement ne serait – il pas plus vrai si par exemple on demande a uke de vraiment faire les choses, pour voir si en situation réelle notre technique marche.
Un exemple :
Sur une saisie du kimono demander à uke de saisir réellement le gi et de ne pas le lâcher, et faire notre torsion sur ce style de saisie sans faire de henka, cela semble être une situation réelle non ?
Bien que ce style de travail ne soit pas à faire tout le temps, mais de temps en temps, il est bon parce que c’est grâce à ce travaille réel que l’on peut s’apercevoir des points techniques à travailler, il est vrai que travailler de cette manière est plus difficile, cela met en évidence beaucoup plus de choses.


Voila pour en revenir encore au kyojutsu.
Les techniques et les principes qui les accompagnent sont réellement très efficace, voir même trop pour que l’on y mette de la force de la vitesse ou de la colère, mais pour cela il faut réellement travailler de la bonne façon avec uke, et si cela ne marche pas, plutôt que de se mentir, comprendre ce qui nous manque dans la technique, quel point de détails nous a échappé ou quelle principe je n’ai pas approfondi.
Les techniques de ninjutsu sont réellement très efficace n’en doutez pas, doutez plutôt de votre savoir faire


La vérité et le mensonge on a le choix alors pourquoi devons-nous choisir le mensonge ?

 

Publication sur le site avec l’aimable autorisation de l’auteur.

Get natural !

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Texte d’Arnaud Cousergue

Source : https://kumafr.wordpress.com/2014/12/21/get-natural/

Traduction : Bujinkan Dôjô Montpellier

Dans le Bujinkan, tous les pratiquants connaissent Shizen no Kamae, mais la plupart ne comprennent pas réellement ce que cela signifie.

L’ensemble des connaissances martiales nous dit que c’est une « posture naturelle ». Mais c’est bien plus que cela, parce que être « naturel » est la chose la plus difficile à réaliser au monde.

La langue chinoise est plus précise sur ce sujet. En chinois, Shizen est Tsujan. Shizen est 自然 composé donc de 自 qui signifie littéralement « nez » mais ici signifie « soi-même » ; et 然 qui se traduit aujourd’hui par « ainsi », mais signifiait auparavant « brûler ».

Chozanshi* explique que « par extension, 自然 est venu à signifier « nature », quelque chose qui existe en soi, n’ayant rien à voir avec l’esprit ou la main de l’homme. « (Il) se fait sans commande, et toujours spontanément. »

La spontanéité est le but des arts martiaux, et c’est ce but que Hatsumi sensei veut que nous atteignons. Chozanshi ajoute : « Encore une fois, pour se déplacer avec spontanéité, l’artiste martial doit laisser faire son flux de chi (d’énergie) en effaçant de son esprit tous les choix prémédités. Ce faisant, il agira naturellement et de manière appropriée aux circonstances à portée de main« .

Être «naturel» n’est donc pas une tâche facile à réaliser. Et encore, « agir naturellement et de façon appropriée » devient possible, seulement si nos bases sont solides et ancrées nous.

Être naturel est proche de l’état bouddhiste de Shinnyo (真如), la nature ultime de toutes choses (तथता de Tathâta en Sanskrit). Sensei se réfère à elle en parlant de « Chô-kankaku », ou de la conscience infinie**.
Lorsque vous devenez un avec la nature, vous êtes la nature.

Ce sont votre instinct et votre inconscient qui doivent faire bouger votre corps, pas votre cerveau.


Joyeux Noël !
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* Dans “The demon’s sermon on the martial arts”, ISBN9784770030184, Kodansha
** Dans “Advanced stick fighting”, p38, Kodansha

Basic vs Cosmic

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Article tiré du site de Arnaud COUSERGUE

http://bujinkangard.wordpress.com/2014/11/16/basic-vs-cosmic/

Article traduit par Bujinkan Dôjô Montpellier

Les bases sont les fondations de votre taijutsu sans elles nous ne pouvons pas développer ce que Sensei appelle le « mouvement naturel ».

Un de mes amis et élève, a récemment participé à plusieurs stages à l’étranger. Il a été surpris par deux choses. Premièrement, la majorité des enseignants ont développé de beaux mouvements qu’ils réalisent sans puissance et sans force. Deuxièmement, les élèves copient ces mouvements mais n’ont pas de bonnes bases.

Même sans être élève de ces enseignants, ses bases solides lui ont permis d’ajuster et de comprendre ce qui lui était enseigné. Les autres participants, au contraire, même s’ils ont copié ce qui était montré, étaient incapable de concevoir ces mouvements avec leur propre taijutsu.

Cette tendance gazeuse du Bujinkan, existe déjà depuis quelques années, et nous voyons maintenant à quel point cela à un impact négatif sur les élèves et leur capacité à survivre dans un combat. La majorité des pratiquants du Bujinkan seront réellement surpris le jour où ils auront à se défendre avec ces mouvements élégants mais gazeux appris dans le dôjô ou durant les stages. Comme Sensei le disait en août dernier, il faut développer la force et la puissance quand on est jeune pour être en mesure d’utiliser la « non force » à un stade supérieur. Commencer par la fin ne mène nulle part.

Mettez donc un peu plus de réalisme dans vos techniques et vos apprentissages du budô, améliorez vos bases et créez des fondations solides avant de commencer à vous déplacer à un niveau « cosmique ».

Les vrais combats sont violents, ils ne sont pas esthétiques. En situation d’agression, le stress et la peur ralentissent le cerveau et par voie de conséquence, les réactions. Quand la panique vous gagne, seuls des acquis bien intégrés vous donnent une chance de survivre.

Quand tout à disparu, la seule chose qui reste sont les bases (si elles sont solides). Une  technique élégante étudiée avec un partenaire complaisant risque de vous tuer dans un  combat réel. Depuis vingt cinq ans sensei nous répète en cours : « N’essayez pas d’appliquer une technique d’école dans un combat, vous perdriez »

Enseignants, il en va de votre responsabilité. S’il vous plaît, enseignez principalement les bases (avec des mouvements avancées) et arrêtez de vous concentrer exclusivement sur des mouvements gazeux qui pourraient tuer vos élèves. Rappelez-vous que les mouvements de bases évolueront un jour naturellement vers des mouvements plus « cosmiques » , c’est un processus naturel. Ne forcez pas la nature.

Si vous n’enseignez pas correctement, vos élèves seront comme des agneaux se jetant dans la gueule du loup, et un joli « bélement » n’empêchera pas le loup de vous tuer.

Arnaud COUSERGUE